L’immense respect de ses pairs

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Le groupe de l’ASM Clermont Auvergne n’a pas attendu la dernière conférence de Presse de la saison pour se rendre compte de la place qu’occupe toujours Aurélien Rougerie dans les couloirs du Michelin. A l’heure où les hommages se multiplient, c’est un profond respect qui émane des déclarations de son coach et de ses coéquipiers.

Morgan Parra, qui fut le premier à se présenter face aux journalistes, se souvient de la distance qu’Aurélien avait volontairement mise lors de son arrivée au club. « Pendant 6 mois, il ne m’a que très peu parlé. C’est quelqu’un qui n’accorde pas facilement sa confiance. Il avait souhaité me tester pour me faire voir que ma place était à faire, que rien n’était acquis par avance. » Quelques mois plus tard les faits lui avaient donné raison puisque les deux hommes partageaient ensemble la joie du premier bouclier de l’histoire du club. Aujourd’hui, alors que la saison n’a plus d’intérêt sportif, Morgan utilisera le levier « Roro » pour ce dernier match. « Nous lui devons une sortie à la hauteur de son immense carrière. Cette saison a été compliquée, depuis des semaines nous jouons les matches sans le moindre enjeu. Nous ne pouvons plus nous qualifier, nous ne pouvons plus descendre, il nous tarde tous de retrouver des objectifs. Cette semaine ce sera un peu différent avec ce dernier match d’Aurélien, nous nous devons de bien finir pour lui. » « Aurélien est un monument pour notre club et pour le rugby en général », poursuit Franck Azéma.  « Il prend une grosse place dans notre groupe et je pense que nous nous en rendrons vraiment compte après cette rencontre. Bien sûr que nous aurions préféré lui offrir une sortie différente, c’est ainsi. Il nous reste à profiter de ce match en prenant un maximum de plaisir ensemble, Aurélien, les joueurs et le public. »

Alexandre Lapandry qui est avec Davit Zirakashvili, le plus ancien clermontois (premier match en août 2008) n’hésite pas à employer le « Monsieur » lorsqu’il évoque celui avec qui il a partagé 10 saisons. « L’objectif est clair, cette semaine, il est entièrement consacré à ce que nous pourrons faire et mettre en place pour prendre une dernière fois du plaisir ensemble. Nous n’avons pas de pression sur cette rencontre mais beaucoup d’envie à l’idée d’offrir à Roro la sortie qu’il mérite. » Benjamin Kayser mesure lui la dimension qu’Aurélien représente dans le rugby auvergnat. « Je crois que lors des dernières semaines, tous ceux qui aiment de près ou de loin l’ASM sont en train de se rendre compte qu’il n’y aura pas deux joueurs comme lui dans ce club, ni même dans l’histoire du rugby moderne. C’est un monument de notre sport. Quelqu’un qui, en fonction de ce que son équipe avait besoin, était capable d’apporter par ses faits la bonne solution. Même si son corps finit par vieillir, dans sa tête il a 18 ans, il est capable de mettre les jambes, d’être le joueur le plus élégant du Rugby comme d’utiliser son physique pour défier son adversaire direct. Il a toujours était capable de tout pour son club. »

L’émotion promet d’être forte samedi soir au Michelin, pour Aurélien mais aussi bon nombre de ses coéquipiers. Chacun devra pourtant gérer au mieux ses émotions pour réussir la sortie d’Aurélien que tout un peuple espère réussie.