Clermont ne veut plus broyer du noir

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Avec 22 joueurs en dehors de l’effectif et une des séries de défaites en championnat les plus longues de l’histoire du club, les Clermontois auraient de bonnes raisons de baisser la tête et de rester dans la grisaille ambiante qui a bien du mal à quitter le centre de la France au cœur d’un hiver tout sauf radieux. Pourtant, avant même que les éclaircies n’arrivent, les hommes de Franck Azéma refusent cette fatalité et sont bien décidés à prendre le taureau par les cornes afin de prendre du plaisir sur le terrain. Même si toutes les difficultés ne sont pas encore écartées, pas question de jouer petit bras ou contre nature, l’ASM va jouer, produire et tout faire pour gagner !

La défaite sur la pelouse du LOU a ajouté de la frustration et compliqué un peu plus la situation comptable du club en championnat, pourtant elle n’a pas fait dévier d’un degré le cap que Franck Azéma a fixé à ses joueurs. « Les mecs n’ont pas lâché. Nous voulons rester dans la voie que nous avons choisie depuis la reprise. Bien sûr, nous jouons pour gagner et notre plaisir passera par là. Nous travaillons pour maîtriser ce qui peut l’être et la victoire doit être la récompense de cela. » Les joueurs en sélection, les blessés, les éternelles adaptations, les emmerdes « d’une saison pas comme les autres »… Franck Azéma ne veut plus en entendre parler. « L’important, aujourd’hui, est de faire bien avec les joueurs qui sont sur le terrain » et peut être encore mieux avec ceux qui finiront par rentrer. La qualification n’est plus dans le vocabulaire des « jaune et bleu » comme le confirme le coach des « jaune et bleu » « Nous ne sommes pas dans une position qui nous permet de faire des calculs. » Un constat froid et lucide de l’entraîneur clermontois qui sait que les cartes ne sont plus totalement entre les mains de son club et devra, en plus de réussir une fin de saison tonitruante, compter sur l’écroulement d’un ou deux concurrents directs. Des hypothèses de plus en plus improbables auxquelles s’accrochent pourtant les joueurs auvergnats à l’image de Benjamin Kayser. « Tant que nous ne serons pas mathématiquement éliminés du championnat, nous jouerons à fond », promet-il. « Dans cette saison où nous sommes incapables de planifier quoi que ce soit, nous ne pouvons plus nous poser de questions, il faut absolument que nous regagnions des matches pour montrer aux gens qu’ils peuvent compter sur nous et que nous n’abandonnerons pas. Nous sommes en retard et c’est notre faute, il faut maintenant arrêter de broyer du noir et représenter fièrement notre maillot. » Le troisième ligne géorgien, Viktor Kolelishvili, rentré de sélection, rumine également la même frustration tout en gardant sa motivation intacte. «  Nous voulons absolument montrer notre vrai visage. Même si nous avons perdu 5 matches en championnat, le groupe est solidaire et je suis persuadé que nous allons y arriver. Nous ne voulons pas penser au classement ou à toutes les mauvaises choses que nous avons dû affronter depuis le début de la saison mais plutôt nous projeter sur les belles que nous pouvons encore vivre ensemble. »

« Nous ne nous entrainons que pour une chose : gagner ! »

Une positive attitude que les hommes de Franck Azéma construisent autour de leur projet ambitieux sur lequel ils ne feront aucune concession. « Nous nous sommes fixés un cap, une direction au niveau du jeu que nous voulons pratiquer et nous nous y tenons », affirme avec aplomb Franck Azéma. Même s’il regrette les déchets du match à Lyon et le manque de réalisme de son équipe lors de cette dix-septième journée de championnat, la physionomie du match est allée dans le sens souhaité. « Face au LOU, nous avons eu 60% de possession, les Lyonnais ont fait 295 plaquages alors que nous en avons réalisé seulement 110. » Entre les lignes et en fil conducteur, le coach des « jaune et bleu » avance déjà dans la direction d’un rugby ambitieux et généreux qu’il faudra atteindre pour exister dans quelques semaines lorsque la Coupe d’Europe fera son retour. Conscient que la confiance et les rouages d’un jeu exigeant se construisent déjà, « pas question de se mettre à la calée pendant des semaines » déclare-t-il. Au contraire, le coach clermontois annonce la couleur « La meilleure façon de se préparer est de se battre comme des morts de faim sur chaque match ! » Pour se préparer à gagner rien de tel que de mettre les actes en face des mots : ça commence samedi à 18 heures sur la pelouse du Michelin face à Oyonnax.